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Nous vous souhaitons la bienvenue sur le site de l'OProM!
Les exemplaires que vous voyez dans la galerie en haut ne représentent qu'une infime partie des milliers de feuillets issus de manuscrits démembrés présents dans notre base de données ACMD. Vous avez la possibilité de cliquer sur les images de ces feuillets, de les faire pivoter et de les ouvrir dans une fenêtre pop-up
Protéger l’intégrité du patrimoine manuscrit
L’Organisation pour la Protection des Manuscrits Médiévaux (OProM) est une association culturelle et scientifique franco-italienne à but non lucratif, établie à Paris et enregistrée sous le numéro W751269419.
Elle réunit des chercheurs et des spécialistes engagés dans l’étude, la protection et la transmission du patrimoine manuscrit européen. Son activité porte en particulier sur les manuscrits médiévaux démembrés, sur l’identification des feuillets dispersés, sur la documentation de leur provenance et sur leur reconstruction numérique.
L’OProM développe également des programmes de formation non formelle destinés aux adultes. Ces programmes associent codicologie, paléographie, philologie, histoire de l’enluminure, humanités numériques, droit du patrimoine et éthique de la recherche.
À l’origine de l’OProM : le manuscrit Torino, Biblioteca Universitaria, E.V.5
La création de l’OProM trouve son origine dans l’étude du manuscrit E.V.5 de la Biblioteca Nazionale Universitaria di Torino, réalisé au début du XVIe siècle pour la cour de France et contenant deux œuvres de Raoul Bollart : l’Ecloga de victoria Ludovici XII Galliarum Regis contra Venetos anno MDIX et l’Otium litterarium.
En 1979, trois feuillets enluminés — correspondant aux folios 9, 11 et 20 — furent découpés et volés dans le manuscrit. Leurs photographies furent publiées dès 1982 dans un bulletin officiel du Comando Carabinieri Tutela Patrimonio Culturale, destiné à faciliter l’identification et la récupération des biens culturels recherchés.
Après plus de trente années de silence, les trois feuillets réapparurent sur le marché international. Sotheby’s les proposa à Londres une première fois le 2 juillet 2013, comme lots 19 à 21, puis une seconde fois le 7 juillet 2015, comme lots 49 à 51.
Les descriptions du catalogue Sotheby’s de 2015 furent préparées par Peter Kidd, consultant et catalogueur de manuscrits. Elles identifiaient précisément les textes de Raoul Bollart, leur contexte historique, leur appartenance à la culture des grands rhétoriqueurs et leurs caractéristiques artistiques. Elles ne reconnaissaient cependant pas les trois pièces comme les feuillets volés du manuscrit de Turin.
Plusieurs éléments matériels et textuels rendaient pourtant cette origine vérifiable. Les feuillets conservaient leur foliotation ancienne dans la marge supérieure. Leur contenu correspondait aux lacunes du manuscrit E.V.5. La tradition des œuvres de Bollart était en outre extrêmement restreinte : en dehors du manuscrit de Turin, un seul autre témoin était connu, le manuscrit latin 97 de la Bibliothèque de Genève, demeuré intact. Enfin, les photographies des feuillets volés avaient été publiées par les Carabinieri TPC dès 1982.
Ces circonstances soulèvent une question essentielle pour la recherche de provenance : comment des feuillets provenant d’un manuscrit conservé dans une bibliothèque publique italienne, photographiés et signalés comme volés, ont-ils pu être catalogués et proposés à deux reprises sur le marché international sans que leur origine soit reconnue ?
Les feuillets furent par la suite identifiés et récupérés grâce à l’intervention du Comando Carabinieri Tutela Patrimonio Culturale. Ils furent restitués à la Biblioteca Nazionale Universitaria di Torino en novembre 2018, puis réintégrés au manuscrit après restauration.
Carla Rossi consacra plusieurs années à la reconstruction scientifique de cette affaire : histoire codicologique du manuscrit, identification des feuillets, analyse des catalogues de vente, examen de la provenance déclarée et étude des responsabilités liées à leur circulation commerciale. En 2022, elle transmit aux Carabinieri TPC un dossier consacré au commerce de feuillets provenant de manuscrits démembrés ou volés.
Les résultats de ces recherches furent ensuite présentés dans des publications destinées à attirer l’attention sur les mécanismes de la biblioclastie commerciale, sur les insuffisances de certaines recherches de provenance et sur la nécessité d’une responsabilité accrue de la part des marchands, des maisons de vente, des catalogeurs et des spécialistes appelés à examiner ces objets.
À la fin du mois de décembre 2022, quelques jours après la publication de ces recherches, Peter Kidd — le même catalogueur qui avait préparé les notices Sotheby’s des trois feuillets en 2015 — entreprit sur son blog Medieval Manuscripts Provenance une campagne publique contre Carla Rossi et le Research Centre for European Philological Tradition. Au lieu de répondre aux questions relatives à la provenance des feuillets volés de Turin, il diffusa contre la chercheuse des accusations de plagiat, de fraude, et d’incompétence scientifique.
Ces publications furent rapidement relayées sur les réseaux sociaux, notamment par des comptes anonymes ou pseudonymes. La campagne s’étendit ensuite à la famille de Carla Rossi, à ses collègues et aux institutions avec lesquelles elle collaborait. Des photographies privées, des informations personnelles et son adresse furent diffusées en ligne. De faux avis de décès, des vidéos hostiles, des insultes et des menaces furent également publiés. Plusieurs faits furent signalés aux autorités de différents pays.
La chronologie est donc déterminante : Peter Kidd avait participé, en qualité de catalogueur, à la présentation commerciale des feuillets volés du manuscrit Torino E.V.5 lors de la vente Sotheby’s de 2015 ; il devint ensuite l’un des principaux promoteurs des accusations publiques dirigées contre la chercheuse qui avait documenté leur provenance, leur circulation et les conditions de leur mise en vente.
Cette succession d’événements, désormais connue sous le nom de ReceptioGate, a déplacé l’attention publique. Pendant plusieurs années, les accusations contre Carla Rossi ont occupé le devant de la scène, tandis que la question initiale demeurait largement ignorée : celle de trois feuillets volés dans une bibliothèque publique italienne, signalés par les Carabinieri, proposés à deux reprises par Sotheby’s et catalogués en 2015 sans que leur provenance illicite soit reconnue.
La réponse de Carla Rossi et de ses collègues fut exclusivement scientifique et institutionnelle : conserver les documents, publier les résultats des recherches, poursuivre les reconstructions numériques et créer une organisation capable de protéger à la fois le patrimoine manuscrit et les chercheurs qui signalent sa destruction ou sa circulation illicite.
L’OProM est née de cette nécessité, avec le soutien de chercheurs européens parmi lesquels le professeur Martin Aurell, qui avait fortement souhaité la création de l’Organisation et en demeura membre jusqu’à sa disparition.
Le cas du manuscrit Torino E.V.5 a ainsi défini les principaux domaines d’action de l’OProM :
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étudier les manuscrits démembrés et les feuillets dispersés ;
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documenter leur provenance et leurs passages sur le marché ;
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distinguer les fragments historiques des feuillets intentionnellement extraits à des fins commerciales ;
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développer des méthodes de reconstruction codicologique et numérique ;
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sensibiliser les institutions et le public aux conséquences de la biblioclastie ;
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promouvoir la responsabilité scientifique, juridique et éthique des acteurs qui étudient, décrivent, expertisent ou commercialisent le patrimoine manuscrit ;
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défendre les chercheurs confrontés à des représailles pour avoir documenté des atteintes au patrimoine culturel.
L’histoire de l’OProM commence donc par un manuscrit mutilé, trois feuillets volés et une recherche de provenance. Elle se poursuit aujourd’hui par un programme européen de recherche, de formation et de protection consacré à l’intégrité du patrimoine manuscrit.
Comprendre et combattre la biblioclastie
La biblioclastie désigne la destruction volontaire de l’unité matérielle et intellectuelle d’un livre. Dans le cas des manuscrits médiévaux, elle peut prendre la forme du découpage d’un codex afin d’en vendre séparément les miniatures, les initiales ou les feuillets.
L’OProM distingue rigoureusement deux réalités :
-
les fragments anciens résultant de détériorations, d’accidents, de transformations historiques ou du remploi de matériaux ;
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les feuillets intentionnellement extraits de manuscrits encore reconnaissables comme des ensembles unitaires, notamment en vue de leur commercialisation.
Cette distinction est indispensable pour étudier correctement la provenance, les responsabilités liées à la circulation des biens culturels et les possibilités de reconstruction des manuscrits dispersés.
L’OProM sensibilise les chercheurs, les bibliothèques, les collectionneurs, les professionnels du patrimoine et le public aux conséquences scientifiques, historiques, juridiques et éthiques du démembrement.
Reconstruire les manuscrits dispersés
Un feuillet détaché ne doit pas être étudié comme un objet isolé. Son texte, son décor, sa mise en page, sa foliotation, sa réglure, ses dimensions et les traces laissées par la reliure conservent des informations permettant de retrouver sa place dans le manuscrit d’origine.
L’OProM applique une méthode interdisciplinaire associant :
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l’analyse codicologique et paléographique ;
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l’identification et l’étude philologique des textes ;
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l’histoire de l’enluminure et la reconnaissance des ateliers ;
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la comparaison des dimensions, des réglures et des systèmes de mise en page ;
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la recherche de provenance et le suivi des passages sur le marché ;
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le traitement numérique des images et la reconstruction virtuelle.
La méthode WBRM, conçue par la professeure Carla Rossi, permet d’organiser ces données afin de replacer les feuillets dispersés dans leur contexte originel et de restituer, autant que les sources le permettent, la structure du manuscrit démembré.
Archivum Codicum Manuscriptorum Disiectorum
L’Archivum Codicum Manuscriptorum Disiectorum (ACMD) constitue la principale infrastructure documentaire de l’OProM.
La base rassemble des informations relatives à plus de deux cents manuscrits occidentaux démembrés : description matérielle, contenu textuel, décoration, provenance, localisation des feuillets connus, passages en vente et propositions de reconstruction.
L’ACMD poursuit trois objectifs :
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préserver la mémoire scientifique de manuscrits dont les éléments sont aujourd’hui dispersés ;
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fournir des instruments de comparaison permettant d’identifier de nouveaux feuillets ;
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rendre possible leur réunion virtuelle au sein d’un ensemble codicologique cohérent.
Recherche et publications
Les travaux de l’OProM donnent lieu à des monographies, des études de cas, des éditions critiques, des ressources numériques et des publications en libre accès.
Depuis 2024, des recherches consacrées aux manuscrits démembrés et à leur reconstruction paraissent notamment dans la collection scientifique Dismembered Medieval Manuscripts: Biblioclasm and Digital Reconstructions, publiée par Cambridge Scholars Publishing.
Les publications portent sur l’identification des manuscrits, la reconstitution de leur structure, l’attribution de leurs enluminures, la circulation des feuillets et les implications juridiques et éthiques de la biblioclastie commerciale.
Formation des adultes
L’OProM transmet ses méthodes dans le cadre de formations non formelles destinées aux adultes. Ces activités s’adressent notamment aux enseignants, bibliothécaires, archivistes, médiateurs culturels, chercheurs indépendants, professionnels ou bénévoles du patrimoine, ainsi qu’aux personnes souhaitant approfondir leur connaissance du livre médiéval.
Les formations portent sur :
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l’histoire matérielle du manuscrit ;
-
la codicologie et la paléographie ;
-
la reconnaissance des traces de démembrement ;
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l’identification et l’étude de provenance des feuillets ;
-
la reconstruction numérique ;
-
l’histoire de l’enluminure ;
-
le droit du patrimoine culturel ;
-
l’éthique de la recherche, de la conservation et du marché.
Les activités peuvent prendre la forme de séminaires, d’ateliers, de conférences, d’études de cas, de visites pédagogiques et d’enseignements en ligne ou hybrides.
Une mission européenne
La dispersion des manuscrits ne s’arrête pas aux frontières nationales. Un même codex peut aujourd’hui être partagé entre plusieurs pays, institutions, collections privées et acteurs du marché.
L’OProM développe une approche européenne fondée sur la coopération avec des bibliothèques, des archives, des musées, des centres de recherche, des universités, des associations et des organismes de formation partageant ses objectifs.
L’association est enregistrée dans les systèmes de la Commission européenne sous les identifiants suivants :
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PIC : 881779277
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Organisation ID : E10439430
Soutenir l’OProM signifie contribuer à la protection de l’intégrité des manuscrits, à la documentation de leur dispersion et à la transmission des méthodes scientifiques permettant de les comprendre et de les reconstruire.
Chercheurs, professionnels du patrimoine, institutions, apprenants adultes et citoyens peuvent participer aux activités de l’association, suivre ses formations ou soutenir ses projets.

















































